Jean Pierre Ceton
romans

LE PETIT ROMAN DE JUILLET

Du début mai au 21 juin 2009, 8 chapitres pour 8 semaines avant l'été, donc un chapitre par semaine, « Le petit roman de juillet » a été diffusé en feuilleton, reprenant d'une certaine façon ce mode de publication que pratiquait la presse il y a plus d'un siècle.
Ensuite les 8 chapitres sont restés en ligne durant trois semaines.
En tout logique, «Le petit roman de juillet» devait être diffusé durant son mois. Ou juste avant pour qu'il produise sa trace littéraire en juillet...
Outre réanimer la pratique de cette diffusion en feuilleton, en l'occurence annoncée sur les différents réseaux, je voulais proposer à lire la toute dernière version de ce roman que j'ai écrit sur une période de quinze ans, et je voulais en proposer la lecture en avant-première et de façon expérimentale. Ce pourquoi le feuilleton a été celui d'un roman sur le net.
D'évidence je voulais faire connaitre sur le net - peut-être à un nouveau public de lecteurs- ce roman d'une écriture en construction, d'une langue qui s'élabore...
La question s'est posée tout de suite de savoir si c'était possible de lire un roman sur écran.
Bien sûr une partie des lecteurs pouvaient faire le choix d'imprimer pour le lire, d'autres ont apparemment été conduits par le système du feuilleton à lire sur écran. Démontrant que c'était possible mais pas non plus inévitable, les différents supports pouvant s'allier plutôt que se confronter. 
Ce qui m'a le plus étonné : que des lecteurs, certains en tout cas, lisent d'une traite chapitre après chapitre... 


Les premières phrases ...

Elle était installée en compagnie d’un homme que j’apercevais de dos. En fait, c’est seulement vers la fin du repas que je l’avais remarquée, sans doute qu’à un moment une table entre nous s’était libérée. Il est vrai que j’étais venu dans ce restaurant des Halles pour diner tranquille avec mon fils de sept ans que je n’avais pas vu depuis les dernières petites vacances, et pas pour m’intéresser aux jolies filles qui pouvaient s’y trouver. J’étais en effet si heureux de passer du temps avec lui tellement il semblait joyeux de me raconter ses histoires, sans me parler de sa mère, je le notais une fois de plus...

Soudain, avec cette brune aux yeux verts, on avait échangé des regards en rafale, au point que c’était vite devenu des regards de compétition, je m'en souviens. Comme si très vite on avait craint l’influence de l’autre sur soi. Chacun son tour paraissant décidé à ne pas faiblir, mais chacun son tour faiblissant sous le coup d’un regard plus vif qui rendait le suivant encore plus difficile à intercepter de façon neutre ou indifférente. Un détail, comme toujours il y en a, un petit truc bizarre de hasard était intervenu. Alors que cette jolie brune venait de régler l’addition, le serveur s’était au passage arrêté pour desservir notre table, me laissant involontairement découvrir l’intitulé du chèque. Ma mémoire dans ces cas-là, rares il faut le dire, ne me lâchait jamais. Le lendemain, en fin d’après-midi, je l’appelais presque naturellement au téléphone. Gonflé ! elle avait lâché après un léger temps de surprise. Mais sympa, elle avait ajouté, généralement les gens ne donnent pas suite... Feignant ainsi d'ignorer qu’on n’avait pas vraiment procédé à un échange conventionnel de nos coordonnées.


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