Jean Pierre Ceton
romans

LE BLOG DATE : notes des jours, chaque jour, parfois ou presque...

2012 // 2011 // 2010 // 2009 // 2-08 // 1-08 // 2-07 // 1-07 // COMP'ACT 06 m'écrire

Le 12 décembre 2011 (et non pas 1914), Télérama titrait : George Steiner : “L'Europe est en train de sacrifier ses jeunes”.
Voilà une annonce fracassante que je ne peux guère comprendre. En effet cette affirmation aurait dû être écrite en 1914 ou en 1939, avant et à propos de ces périodes où l'Europe a effectivement sacrifié ses jeunes. Ou bien durant la guerre d'Algérie, dans les années soixante, pour la France, quand les jeunes gens faisaient 27 mois de service militaire, ou pendant la guerre du Vietnam pour les USA...
« Grand érudit, poursuit Télérama dans son chapeau, George Steiner incarne l'humanisme européen. Il regrette que littérature, philosophie et sciences ne communiquent plus entre elles. Comment comprendre notre monde, s'interroge-t-il, si la culture se rétrécit. »
Faut-il rappeler que jamais autant de livres ont été écrits et vendus, qu'en ce début de 21e siècle, qu'il n'y a jamais eu autant de fréquentation de cinémas, d’entrées au musée, de places de chercheurs. Ni jamais autant de colloques réunissant spécialistes de différentes disciplines... Que le savoir mis à disposition ne cesse de s'accroitre en termes de connaissances autant que d'informations.
Et que de surcroît la consultation de ce savoir est possible. Et possible quasi immédiatement.
En fait, une assertion raisonnable serait : on revient de loin, si on considère tout ce qu'on n'avait pas !

Avant, Dieu s'occupait de tout. Du monde, des hommes, des oiseaux et du ciel. Désormais les humains s'en préoccupent et de bien d'autres choses, de l'éducation de chaque enfant de la Terre ou presque, jusqu'à s'affairer pour maintenir la biodiversité.
Il se réunissent pour décider de limiter l'accroissement de la température à 2 degrés à horizon 2020/2050.
Ils se demandent ce qui va se passer si la banquise fond, et surtout si le permafrost à son tour fond en dégageant des quantités de carbone dont il y a déjà trop...
Ils s’échinent à trouver des solutions pour sauver la planète quand auparavant ils ne faisaient que prier Dieu de faire tomber de la pluie ou au contraire d'arrêter les flots. Certains persistent à préférer prier, personne ne fait plus vraiment appel au diable.
Mais qu'ils se préoccupent de contrôler la température de la terre, il faut le savoir, était proprement inimaginable il y a encore quelques années...

Une soirée de lecture à Montparnasse, chez Monique Stalens. Les lectures de textes en soirée privée, en appartement, sont toujours précieuses et an-ordinaires. On s'y sent autrement qu'un spectateur de salles, plutôt invité privilégié. Du coup porté à une écoute particulière.
C'était un peu plus qu'une lecture en l'occurrence, oui une soirée de théâtre. De jeunes comédiens -dont Aurélie H. qui m'avait invité- livrent avec passion un texte de Gombrowicz. En VO, langue polonaise qu'hélas je ne comprends pas.
Je suis réduit à l'écoute de la langue comme il a pu m'arriver étant adolescent, à Londres, Regent's park, à la représentation d'un Shakespeare. Je ne comprends pas le mot à mot. J'en entends certains qui reviennent et se répètent... Je suis sous la pression du jeu des comédiens dont le rapport au texte m'échappe. Je « suis » les expressions des corps et des visages. Parfois on touche au tragique, par instants je me sens transporté dans Dostoïevski ou dans Eisenstein. Parfois on est manifestement dans le comique, je me sens figurant dans un salon de Tolstoï. J'ai cru à un moment retrouver mes impressions de lecture de Michel Strogoff, dans la collection verte...
Je crois aussi capter la voix de Gombrowicz telle qu'elle m'était apparue dans son « Journal », dernier texte de lui lu durant mon séjour en Argentine, la dernière année du 20e siècle.
C'est un accès difficile à Gombrowicz, mais c'en est un, le seul autre étant de lire ses traducteurs, ce qui n'est pas non plus un accès direct.
Voilà, c'est la fin, on applaudit comme si on était au grand théâtre. Et puis on va se parler. Les comédiens viennent dire bonjour. On parle avec Monique S. qui, tout le temps de la représentation, a enregistré sous un calme apparent les moindres mouvements de ses comédiens, à qui elle en rendra compte à la prochaine séance de son atelier théâtre.

Dans son milieu, il dit...
Dans mon milieu, confie l'écrivain, voulant signifier : « dans mes livres ».
Parlant de ce milieu que forment les personnages de ses romans, de ses récits, de ses textes, de ses fictions...
Certains d'entre eux, de ce milieu-là, comme des comédiens de la vie, réagissent vivement, quand on leur sort : « mais pas le moins du monde, je vous assure, pas le moins du monde ! »
Ils ont en effet la vivacité de répliquer : « et le plus alors, le plus du monde, qu'en faites-vous, s'il vous plait ? »
Dans ce milieu, dit-il, les gens sont comme ça.

Pas de chance avec le théâtre l'autre jour. Je vais voir le film de Polanski qui a scénarisé une pièce de Yasmina Reza. Franchement, j'ai trouvé ça lourd. Surtout j'ai vécu une expérience curieuse. A différents moments j'ai ressenti que l’un des personnages comédiens aurait dû claquer la porte, dire : j'en ai marre je m’en vais. Oui, mais il ne le pouvait pas puisqu’il était dans l'instance du théâtre, et pas dans celle du cinéma où la caméra aurait pu le suivre dans la rue, le montrer s'enfuir dans le parc voisin...
En rentrant, je regarde sur Arte.tv l'enregistrement de « Rêve d'automne » de John Fosse par Chéreau. En fait, je voulais regarder et entendre Bulle Ogier, que je n'avais pas vue depuis longtemps. Sans doute pourquoi je m'impatiente, d'attendre Bulle, pourtant les acteurs sont excellents. Bon, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’ils font du théâtre, indépendamment du texte. Oui mais je m’impatiente trop. Je perçois que Fosse fait aussi du théâtre, à mesure que je perçois quelque chose de vieux dans tout ça. A cause des décors, de la mise en scène ? A cause du théâtre qui est surjoué...
Il faut dire que le dernier spectacle que j’avais vu au théâtre, c’était « Je peux / Oui » de Yves-Noël Genod au Théâtre de la Cité Internationale, Paris 14e, qui m'a transporté dans une sorte d'exaltation jouissive. Evidemment pas pour rien dans le fait d'avoir trouvé si vieux le Chéreau!

« Pour expliquer les difficultés de l’époque, « on » nous avait fait le coup de la crise. Tout venait des fichus chocs pétroliers...
La crise existait à ce moment comme à d'autres, avant il y avait eu la crise du régime, mais aussi celle du logement, de la décolonisation, de l’agriculture, de la monnaie etc. Il y aurait plus tard la crise de l'enseignement puis celle du chômage.
Encore ne faudrait-il pas oublier la crise de la famille, dans les années soixante, ni la fameuse crise de foi, autrement dit la crise des religions...
Comment ne pas citer surtout la crise de confiance qui revenait régulièrement ? » (in Les voyageurs modèles, éditions Comp'Act 2002)

L'observateur aux nerfs d'acier, le libre penseur libéré, l'humain numérique de ce 21ème siècle reste coi, tend le dos, garde son sang froid même s'il l'aime chaud.
Il attend que le temps passe tandis que ne se produisent peut-être pas les catastrophes tous les jours annoncées à grand renfort de clichés repris sans aucune fatigue.
Le scénario noir prédit pour dans les jours qui viennent. La semaine de la dernière chance avant le chaos. La déclinaison hebdomadaire de ce qui pourait arriver si on ne change pas tout de suite. La catastrophe inévitable vers laquelle on fonce, droit dans le mur, comme des somnanbules qu'il ne se sent pas être.
Il résiste à la rumeur et recoupe les infos. Il depiste les titres ravageurs qui sensationnalisent les contenus jusqu'à en deformer parfois entièrement le propos.
Il relativise les événements qui surviennent en effet et qui ne s'étaient « jamais » produits, en tout cas pas depuis quelques années, deux décades, pas depuis les premières statistiques.
Il garde secret comme un trésor le slogan d'une nuit : « ligne d'horizon à trente ans de préférence »...

Au théâtre, un personnage s'exclame « Donnez-nous notre meurtre quotidien ! ». Et la phrase slogan parle bien aux spectateurs, à majorité des abonnés à une saison de spectacles.
Il est évidemment beaucoup plus difficile d’expliquer que si en effet on est abreuvé par les médias d'un fait diver par jour, donc dans les 365 par an (et plus pour compter les moins spectaculaires qui sont passés sous silence), c'est en réalité une indication selon quoi notre période actuelle est moins meurtrière qu'il y a un siècle par exemple.
Le nombre d’homicides en France était ainsi bien supérieur à 1000 par an au début du 20ème siècle et il est globalement resté à ce niveau jusqu'aux années 1980 quand pourtant la population augmentait de près du double.
Il est encore plus contre-intuitif de souligner qu'à partir des années 1990 le nombre des homicides a diminué en France de façon significative, tout comme dans différents pays d’Europe occidentale et au Canada.
Conclusion : depuis au moins trente ans, il y a moins de meurtres dans ces sociétés, on s'y tue moins.
Autre conclusion : au théâtre, et ailleurs bien sûr, on balance parfois des phrases qui font plaisir parce qu'elles ont une apparence de dire des choses vraies et fortes, alors qu'elles disent en réalité des faussetés.

Il parait que dans les régimes non démocratiques, comme la Chine, on sent un élan vers la démocratie. Contrairement à ici, en France, où on est censé être en démocratie mais où on ne sent rien de ce mouvement démocratique.
On pourrait appliquer le raisonnement à d'autres critères. Par exemple, l'Iran est un pays qui ne connait pas la liberté sexuelle. Mais on y sent une grande aspiration à cette liberté, ce qui peut se comprendre. Alors que chez nous, ici, on a la liberté sexuelle mais on ne vit pas ce vent de liberté !
A qui la faute ?

Le 5 Octobre à 11 heures, comme beaucoup d'autres amis, je suis allé assister au dévoilement de la plaque 5 rue St Benoit Paris 6e, en hommage à Marguerite Duras. Entre autres, parce qu'une fois, sortant de chez elle, elle m'avait dit : « tu vois, un jour il y aura une plaque sur cette façade »...
Elle en avait rigolé, elle avait ri, elle avait plaisanté de cette manie parisienne qui s’appelle la "plaquite".... Il n'y a donc pas de raisons de se demander ce qu'elle en aurait pensé. Toutes raisons au contraire de se réjouir de cet hommage, encore qu'une autre plaque fixée au bord opposé de l'immeuble indique: ici a vécu le poète untel que personne ne connait plus.
Toutes raisons de s'en réjouir néanmoins, même si les autorités parisiennes auront attendu plus de quinze ans pour s'y mettre, tandis que ses livres et son théâtre n'ont pas cessé de se diffuser.

Il y a des expressions qui surviennent de façon régulière et répétitive dans le discours médiatique, certaines sont très anciennes et très éloignées de notre présent. Elles sont pourtant reprises avec une grande facilité, sans la moindre occurrence au sens premier. Les exemples sont nombreux : lâcher la bride sur le cou, c'est là où le bât blesse, chercher un bouc émissaire et, surtout, ces temps derniers, ouvrir la boîte de Pandore. Pandore qui donc était une femme envoyée par Jupiter pour punir Promothée... dotée d'un boite contenant tous les maux de l'humanité.
Je prétends que ces expressions métaphoriques embrouillent les choses par leur raccourci au lieu d'expliquer quoi que ce soit.
Elles sont pourtant utilisées par des experts, analystes ou spécialistes qui masquent ainsi leur incapacité à formuler.

Paradoxe de la crise, les populations des pays dits émergents sont majoritairement optimistes tandis que celles des pays riches sont très pessimistes sur l'avenir. Seule la population du Pakistan est divisée à 50% sur l'issue des années à venir. Mais au Nigeria ce sont 70% des gens qui s'attendent à des jours meilleurs.
Les populations les plus pessimistes sont celles du Japon, de la France et du Royaume Uni. Moins de 10% d'entre elles voit l'avenir en rose, tandis qu'une forte majorité s'attend au pire.
Paradoxe ou non, ce qu'on appelle la crise est donc une crise de pays riches, qui survient dans la zone la plus riche du monde, même si elle a ses pauvres qui ont la vie encore plus difficile.
Apparemment, les seuls à ne pas s'en rendre compte sont les Européens. Comme dit le Président russe, l'Europe peut très bien régler ses problèmes toute seule, ce que pensent également la Chine ou le Brésil qui ont d'autres problèmes à traiter.
Car il n' y pas de crise, il y a des problèmes. Et pas plus graves que beaucoup qu'a pu connaitre l'Europe : l'inflation des années 1930, les grandes guerres, les épidémies, la décolonisation, l'exode rural, la crise du logement, de l'agriculture, les crises pétrolière, monétaire, politique etc.
Paradoxe encore, dans cette crise, tous les analystes et autres experts « savent » ce qu'il aurait fallu faire, disent haut et fort ce qu'il faudrait faire, de ce qui ne se fait pas néanmoins.
On finirait par comprendre que le point déclencheur est toujours « comment à un moment un pays membre trop endetté peut financer sa dette à un taux de crédit raisonnable » ?
Question finalement très technique qui semble buter sur les traités existants, si la banque centrale européenne peut financer les banques à presque rien, elle n'est pas autorisée à financer les Etats. Qu'elle s'y autorise donc, comme disait Lacan.
Et qu'on cesse de nous rabâcher cette fable de la crise !

« Les droits linguistiques et administratifs spéciaux dont bénéficient les milliers francophones vivant dans la périphérie flamande de Bruxelles vont être supprimés pour la plupart d'entre eux, ainsi que le demandaient les Néerlandophones depuis des décennies. » (presse)
Je ne prendrai surement pas partie dans cette affaire très compliquée, sachant en outre que les Flamands ont connu dans l’histoire leur part d'oppression. Mais je prétends que les droits linguistiques et administratifs des minorités devraient être respectés partout et même dans la périphérie flamande de Bruxelles.
Je dois avouer que je trouve affreux de vouloir supprimer ces droits-là. Et, en plus, très ethnocentré ! Autrement dit, ce devrait rapidement devenir incompréhensible pour beaucoup de descendants.

Deux villages de Nouvelle Guinée sont sur le point d'entrer en guerre, le chef d'un des villages ayant été tué au cours d'une dispute. Ils entrent en négociation, il faut compenser soit par des coquillages, ou des femmes, ou bien des cochons. Ce sera des coquillages et de l'argent. Les femmes, ça se fait plus...
Deux tribus modernes négocient un échange de prisonniers, ce sera un soldat enlevé contre un millier de condamnés en prison (parfois à plus de 400 années). Étant entendu qu'un certain nombre seront bannis, le bannissement est une pratique très ancienne, revoir l'Antiquité. Ce n'est pas qu'un homme de telle tribu équivale à 1000 de l'autre. C'est la donnée de la négociation, la base d'un rapport de forces...
Dans des pays de démocratie apaisée, les chefs de partis se préparent à la guerre du pouvoir visant à s'en emparer. A part coups fourrés et tromperies souterraines, les armes fatales étant absolument interdites, ils régleront leur bagarre en organisant des élections auxquelles sont conviés tous les habitants de plus de 18 ans dès lors qu'ils sont inscrits sur des listes préétablies...

« ...Tandis qu'en mil-neuf-cent-soixante-et-un, par exemple, on a rien su du bilan de la répression d'une manifestation interdite à Paris, organisée par le FLN algérien, c’était dans la nuit du 17 au 18 octobre. On aurait retrouvé des dizaines, on a même dit des centaines de corps dans la Seine, on ne le sait toujours pas précisément. Le secret a pourtant été levé dans les années quatre-vingt-dix, un rapport est seulement parvenu à la certitude d'un chiffre dépassant les deux cents corps retrouvés durant l'année entière... Les manifestants arrêtés sont rassemblés le mains en l'air avant d'être dirigés par autobus vers le Palais des sports, centre de contrôle d'identité... Ils étaient partis 20000, 11538 seront appréhendés...
C'est tout ! Rien sur les morts éventuels et probables dans ce numéro de Paris-Match (28/10/1961), rien sur les corps jetés à la Seine. Rien.
Ce qui témoigne combien le vieux cliché, repris également par la voix populaire et par une partie de la classe intellectuelle : "on ne nous dit pas tout, on nous cache quelque chose", vient effectivement d'une époque où cela se vérifiait... »


in Les voyageurs modèles, p. 134, 136 (2002)

Annonce dans la presse d'une nouvelle action de l'Académie française pour lutter contre "l'appauvrissement généralisé du vocabulaire"...
Bon, la presse gobe ça, il suffit pourtant d’observer combien les dictionnaires se sont enrichis en quelques décades pour cesser de répéter ce cliché.
Mais qu'a pensé faire l'Académie ? Eh bien dénoncer ce qu'elle appelle les "emplois fautifs".
Ne pas dire travailler sur  Paris, ni au niveau du salaire mais quant au salaire. Surtout ne pas dire pas de souci qui pourtant se dit plus de fois par jour qu'il y a de tweets sur la planète... il faut dire ne vous inquiétez pas ou rassurez-vous !
Et quoi encore ? Ne pas se servir de impacter qui à tort ou à raison se développe, préférer la crise affecte l’activité économique et non pas l'impacte...
Ne pas utiliser le verbe gérer mais lui préférer affronter. Ou alors, dire vivre ses doutes plutôt que gérer ses doutes.
Ce dernier exemple montre bien que ces clowns sont largués, car ce n'est pas du tout pareil. Gérer implique un autre sens, une préoccupation contemporaine, une position plus active.
Au fond, tout ce qui est vivant de la langue est fautif pour cette institution qui une fois de plus croit défendre la langue en la bridant à un état historique !
De toute façon, c'est l'usage qui l’emporte. Bien sûr, il peut y avoir des emplois de « saison » mais d'autres s'installent heureusement, c'est comme ça que le vocabulaire s'enrichit. L'Académie n'y pourra rien, sauf à être ridicule.

A l'école, les maitres font apprendre des listes de mots.
Le mot « gaieté » par exemple, qui pourtant s'écrit « gaîté » depuis longtemps. Et qui, depuis les rectifications de l'orthographe de 1990, s'écrit tout simplement «gaité».
Et «piqûre», pourquoi faut-il un accent circonflexe sur le u, demande un élève éveillé, difficile à expliquer. On l'écrit désormais sans circonflexe : « piqure », pour le rappel !
Oui mais les bon(ne)s maitres, tout comme d'ailleurs les gentil(le)s correcteur(e)s d'édition ont toujours le dernier mot !
Peut-être, mais passera-t-il le cap de la génération numérique ?

« Total access », « La Blue car », deux appellations en anglais qui viennent d'apparaitre, bon, why not ? A quoi on pourrait en ajouter bien d'autres, par exemple ce « On the run » sur les autoroutes de France. C'est joli ou efficace ou bien global, mais cela va figurer désormais sur nos murs et nos écrans et aussi dans nos têtes.
Et pourtant, à voir le succès du mot concept des « Indignés » de Stéphane Hessel, traduit ou pas, on voit que des marques ou des slogans en français peuvent aussi séduire à l'international. Il y a même un goût mondial pour les citations en français.
Le regrettable est que passer systématiquement à l'anglais, c'est en fait habituer le français à la paresse.
Et non le porter à l'innovation, marqueur premier de la vitalité d'une langue.

Les diners de « cons » à la télé, le concept (si on ose dire) de l'émission étant un diner. A ne pas regarder plus de quelques minutes, sauf pour raison d'observation sociologique.
De « cons », parce que rassemblant une majorité d'hommes, connus sinon pour leur qualité du moins pour leur présence médiatique, qui ne s'écoutent pas.
Ça, qui fait que c'est con. Ils parlent l'un sur l'autre, se coupent et s'entrecoupent dans l'étalage de leurs discours vaseux.
Surtout, et pire, ils rembarrent les quelques femmes figurantes à peine elles parlent, et ils parlent plus fort qu'elles dès qu'elles veulent parler. Et ce jusqu'à ce qu'elles leur laissent la parole que pourtant elles n'avaient pas prise!

Découverte d'une exoplanète s'ajoutant aux cent cinquante à ce jour découvertes, 3,6 fois plus massive que la nôtre, située à plus de trente années lumière, mais une super Terre car « dans la zone d'habitabilité d'étoiles similaires au Soleil » . C'est la deuxième à être considérée comme ayant potentiellement de l'eau présente à sa surface sous forme liquide. Les astronomes ont bon espoir de découvrir d'autres planètes rocheuses qui réuniraient les conditions pour être habitables (CNRS).
Fait partie de ces nouvelles vraiment intéressantes, à la manière dont certains astronomes aiment à dire que l’espace est l’avenir des humains. D'ailleurs pas parce que la Terre serait devenue pourrie, mais parce que les humains ne prendront jamais leur retraite. Cela veut dire qu'ils ne peuvent s'empêcher de courir de l'avant, en conséquence qu'ils fileront toujours vers d’autres espaces dans l'espace.

Une vidéo touchante d’Albert Camus interviewé sur son adaptation des Possédés.
Plutôt lui qui est touchant, de le voir comme s'il n'était pas mort.
Et drôle, quand par exemple il dit que "Dostoïevski indique qu'un personnage se lève alors qu'il n'a jamais indiqué qu'il s'était assis" !
Étonnant aussi, de l'entendre parler du début à la fin au passé simple. Toutes ses phrases sont à ce temps qui a totalement disparu de nos jours de la langue parlée.
Étrange encore, que pour étayer sa parole il laisse passer différents tics ou mimiques qui paraissent vieux ou bien même un peu beauf...
Pourquoi étrange ? Parce que ses textes ne donnent pas le moins du monde cette impression.

La langue des SMS au secours des professeurs de français qui s'échinent à apprendre à leurs élèves cette langue rendue difficile par ses irrégularités, son manque de logique et ses multiples formes monstrueuses qui ne se prononcent pas.
Ce ne sont pas des professeurs de français en France enseignant à des étudiants francais, dont il s'agit. Non, de professeurs étrangers donnant des cours de français à des non francophones qui travaillent sur des textos, pour détendre l'atmosphère d'une certaine façon.
En effet ce langage texto, quand il garde toute sa logique, constitue un jeu pour les apprentis francophones. Il leur fait découvrir en profondeur la langue française en leur permettant de leur dévoiler les difficultés sus-décrites.
Car la nécessité de compresser qui caractérise le texto, en même temps que l'impératif de se faire comprendre, conduit à passer par une sorte de code intermédiaire plus ou moins ingénieux.
La difficulté ensuite étant bien sûr de revenir à la langue écrite académique.
Parlant d'académique, il faut dire que si les fers n'étaient pas si serrés, les formes se modifieraient en douceur dans le sens de la logique et de la simplification (et de l'information), sans que le français risque quoi que ce soit pour sa survie, ce serait même tout le contraire!

Marcel Gauchet, dont je trouve le discours dans un journal italien, fait partie de ces intellectuels experts que les medias consultent sur la question dont ils sont spécialistes. Lui, c'est la démocratie, et, plus précisément, la crise de la démocratie. Deux causes à cela, selon ce « philosophe » : la démagogie et l'individualisme.
C'est drôle parce qu'on pourrait dire tout au contraire que la démocratie n'a jamais été aussi développée, jamais autant mise en application en tout cas, et ce de par le monde.
Le cri des jeunes révolutionnaires à Tunis et au Caire pendant leur mouvement de libération, c'était : nous, ce qu'on veut, c'est être en démocratie comme à Paris, New York et Tokyo... Sous entendu : être normal quoi !
On notera que la démagogie est un mot grec constitutif même de la démocratie. Et on ajoutera que l'individualisme « croissant », qui me semble à moi être une "individuation" croissante, serait plutôt un facteur favorable à la consolidation de la démocratie !
Donc la démocratie n'est pas en crise, elle est en développement.
Ça n'empêche que vous continuerez de le lire ou de l'entendre dire, que la démocratie est en crise.
D’ailleurs le mot crise est certainement le mot le plus contemporain qui soit!

Un œil sur le vocabulaire des infos concernant la crise financière et boursière. Le mot qui revient tout le temps, c'est marché. « Les marchés sont nerveux, hésitent, sont méfiants, craignent la récession... Ou bien : le marché, ce qu'il veut, c'est être rassuré... »
On peut clairement se poser la question de savoir qui est ce marché ? qui sont-ils, ces marchés qui veulent et vibrent d'émotion.
On voudrait savoir qui ils représentent, à part qu'il y a des gens qui ont fait fortune en spéculant sur les monnaies ou sur les matières premières, le blé, le cuivre, le café... Ou sur des chutes boursières justement...

Pourquoi Freedom de Jonathan Frantzen paru aux USA en 2010 a-t-il fait la 1ere page du journal Libération, du 16 août?
Ce dont on ne peut que se réjouir, et même espérer que cela se reproduise, avec d'autres auteurs, d'autres livres, par exemple une fois par mois, même deux, pourquoi pas ?
A part remplir un vide d'infos de cours d'été, il s'agissait certainement d'annoncer la sortie de la traduction française d'un livre qui a pour toile de fond la société américaine et qui renvoie une image de l’Amérique proche de celle qu'en ont les français.
C'était plus surement une sorte d'hommage rendu aux éditions de L'Olivier qui fête ses vingt ans d'édition. Et à Olivier Cohen, éditeur habile et apprécié tant de la presse que des libraires, comme l'illustrait une vitrine de la librairie La Hune à Paris, présentant une photo de l'éditeur avec quelques-uns de ses livres mais sans grandes photos d'auteurs.
L'info importante à propos de ce livre Freedom est qu'il se serait vendu à plus de 300 000 éditions digitales, au prix de 9 dollars au lieu de 25 en édition papier dont il aurait été vendu 4 fois plus d'exemplaires.
Est-ce un tournant dans l'aventure de l'édition qui basculerait ainsi du papier au digital? Bien sûr le public américain est largement plus équipé en liseuse numérique que les français. Encore qu'on peut « lire » désormais sur n'importe quel écran d'ordinateur, de tablette ou de smartphone...
Possible que ce genre de livres classé grand public, formaté à 500 pages, avec pour ambition une peinture de la société contemporaine se vende de plus en plus du coté digital.
Cependant, est-ce si intéressant cette peinture appelée saga parfois, Libération parle de "roman somme", dans la mesure où on l'a tous les jours redondante dans la presse globale, écrite et audiovisuelle ?

Lu en passant: « Untelle est maîtresse de conférences à l'Université de »...
Ce féminin en "esse" est sans doute choisi parce que le e final de maître ne peut pas indiquer le genre de façon significative, comme dans auteure, professeure ou ingénieure...
Bien sûr, on peut prononcer "maitreeeu" au lieu de maitr', mais cela est clairement moins féminin que maîtresse qui fait partie de la série prêtresse, doctoresse etc.
Cependant, on peut dire docteure, le mot doctoresse étant d'usage à une époque où les femmes médecins étaient rares.
Reste que maitresse a un sens équivoque, celui de l'amante, qui en plus n'a pas de masculin, maitre ne signifiant aucunement l'amant.
On peut dire aussi « une maitre de conf » ou alors carrément changer ce nom, trouver un autre grade à défaut d'un autre poste !

Je me sens à Paris, tout en ayant l'impression d'avoir quitté Paris.
Tous les gens de mon bloc sont partis en vacances. Donc je suis seul. Sauf que je rencontre trois fois par jours des amis de ces gens qui sont partis.
Des sortes d'avatars, si on veut, qui viennent prendre le courrier, arroser les plantes ou même tout simplement faire figures de qui habite là d'ordinaire.
Maintenant je m'y suis habitué et je salue tous ses avatars comme s'ils étaient les vrais habitants du lieu!
Moi-même ne sais plus si je suis parti ou non en vacances et, comme je le crois un peu, je me sens désormais un avatar de moi même, si c'est possible...
Alors je vis comme en retrait du monde, dans une sorte de bonheur d'être soi-même sans l'être tout à fait, entouré de ces gens qui ne le sont pas non plus.
Depuis je ne fais que me réveiller et dormir, et le reste du temps je le passe à marcher, écouter, regarder...
Je ne fais plus de courses et ne mange que quand c'est nécessaire.
L'autre matin la banque m'a appelé pour me dire que je n'avais plus d'argent. J'ai dit, pas possible, il faut donc que je parte récupérer mes placements off shore.
Faites vite, m'a dit la personne de la banque, le temps presse...
Oui, mais ce n'est pas le bon moment, j'ai répondu, la bourse va mal, je risque de perdre beaucoup.
Pas grave, elle m'a dit en riant, l'important c'est d'aller en vacances...

Les petites librairies sont en danger, une campagne publicitaire dans la presse est organisée pour les soutenir. Personne n'a envie qu’elles disparaissent les unes après les autres comme c'est arrivé pour les disquaires. Un de leurs problèmes est qu'une commande de livres effectuée chez elles réclame généralement un délai de 8 jours contrairement aux librairies du net qui livrent en 2 à 3 jours.
On souhaiterait que le président du Syndicat national de l'édition (SNE), qui est à l'initiative de la campagne de soutien, trouve une solution pour qu'elles puissent répondre aux commandes dans le même délai.

Un cliché qu'aiment curieusement développer les médias eux-mêmes, est que l'on serait de plus en plus informés mais qu'en fait on ne l'est pas du tout, informés, voire de moins en moins.
Sous-entendu, parce qu'on nous donne à entendre ce qu'on veut bien. Qui ? le pouvoir, semble-t-il.
Un ami l'autre soir me fait le coup : "De toute façon, on ne sait rien, on nous dit que ce qu'on veut bien nous dire"...
Bon, je lui réponds, tu vas pas t'y mettre toi aussi ! Tu sais bien que tu peux désormais recouper n'importe quelle information à travers tous les médias de la terre, locaux ou internationaux, aussi bien les officiels que les plus marginaux.
Et te faire ton opinion sur tous sujets, y compris sur ceux dont on parlait beaucoup les semaines précédentes et dont on ne parle plus dans le flux dominant des infos...
Car le problème c'est le flux dominant, souvent déterminé par ce que les medias croient que les gens veulent. Et en effet les medias insistent généralement sur ce que les gens majoritairement souhaitent entendre.
Sinon, on découvre que la limite à l'information, c'est l'incertitude humaine, et surtout la mauvaise foi qui en est souvent à l'origine...

Bonne nouvelle, la désactivation de l'honneur comme circonstances atténuantes des crimes de sang décidée par l'Autorité palestinienne. Il faut espérer que l'exemple soit suivi dans tous les pays où cela se pratique. Et surtout que cette « pratique » disparaisse de la liste des nombreuses barbaries qui nous viennent du passé lointain. Un père, un frère, un oncle pouvaient en quasi impunité tuer une soeur, une fille, une nièce qui avait pris la liberté d'aimer qui elle voulait, et ce pour soit-disant laver l'honneur d'une famille !

Pas un mot sur ce blog depuis des jours, et bien peu ces derniers mois, sans savoir si c'est à cause de « l'affaire » du Sofitel de NY qui m'a déprimé, et qui donc m’aurait détourné du commentaire de la réalité. Ou bien si c'est le départ de F. dans son pays du milieu, -pour longtemps, voire pour toujours-, qui m'a tellement attristé et m'aurait conduit à une sorte de muetitude.
Plus sûrement, en fait il y a toujours plusieurs causes agissantes, parce que je suis dans l'écriture d'un roman. Et que je me trouve dans le travail de formuler une sorte d'informulé. Il s'agit d'écrire ce dont on parle peu ou pas vraiment ou sous influence de clichés.
Cette écriture m'occupe la plupart du temps, même si je ne travaille que quelques demi-heures par jour. Pourtant, je m'impose de la poursuivre, s'il le faut, jusqu'à me déplacer d'un lieu à un autre, intérieur / extérieur et retour...
Du coup, les événements des jours défilent lointainement, m'apparaissent informes, fluides, un peu équivalents. Je les regarde depuis ce lieu de l'écrit qui m'accroche car, au détour d'un moment, une phrase peut surgir, inattendue, sans doute provoquée par les précédentes, et qui va produire peut-être la survenue des suivantes...

Le professeur débatteur du samedi matin, sur la radio France Culture, qui arbitrait entre catastrophisme et non cata, n'en pouvant plus à un moment, trouve de quoi enfoncer le coin : « Et si le mal était déjà fait ? »...
D'ailleurs en faisant semblant de poser une question, car c'est quant à lui une certitude pour l'école et la langue.
Une évidence que notre éducation en général a sombré, elle qui a réussi peu ou prou à amener l'entièreté de la population à l'écriture, à la lecture et à la connaissance... ce qui n'est pas rien, au-delà des revers inévitables. Une école qui, de la maternelle à l'université, a changé forcément, massivement changé, mais dont les échecs sont plus dûs à une insuffisance d'adaptation à l'époque qu'à trop de changement (voir le tout petit nombre de tableau numérique dans les classes).
Une toute aussi évidence pour la langue française, qui serait dégradée, quasi foutue, à travers l'exemple de l’utilisation de la forme « sur comment » qui met hors de lui le professeur. Cet homme ne saurait pas qu’une grande partie de la langue s'est construite à partir d'incorrections qu'on trouve des décades ensuite parfaitement correctes quand l'usage les retient ?... La bonne santé d'une langue se mesure à sa capacité d'intégration des formes nouvelles en usage, qu'elles soient correctes ou incorrectes. Elle peut aussi se mesurer à l’épaisseur des dictionnaires qui ne cesse de s’accroitre...
Oui, mais si ce chef débatteur tenait (avait tenu) des arguments de ce type, il n'aurait pas gardé son émission depuis qu'il la garde ni ne la garderait autant qu'il la gardera. Allez savoir pourquoi !
Pourtant, si la grande majorité des clercs d’une autre époque pointait le ciel pour prier Dieu, désormais c'est pour voir l’univers, par exemple à travers le télescope spatial Herschel!

Suite à des trombes d'eau chues massivement sur le circuit automobile de Montréal, un commentateur parle des dangers de l'aquaplannage. Parce qu'au Québec, dit-il, on est respectueux de la langue française, sous-entendu, on ne dit pas aquaplanning comme en France. Et pourtant aquaplannage ça marche bien, la forme en age étant d'un usage facile.
Sauf que le respect de la langue dans la mère patrie, si j'ose dire, consiste au contraire à ne pas inventer spontanément de mots nouveaux. Le néologisme y est mal vu par principe (dans notre époque pourtant de nouveautés). Donc on utilise l'anglais d'un mot nouveau tant qu'une commission ad hoc (ce sont les adhociens) n'a pas décrété le mot français à utiliser. Évidemment c'est toujours trop tard, résultat on garde le mot anglais...
Conclusion : le grand danger qu'encourt la langue française c'est l'inertie conservatrice des académiciens de toutes catégories !

Une véritable révolution des connaissances sur le cerveau s'est opérée depuis une quinzaine d'années, voire ces toutes dernières années. A savoir qu'on savait à peu près rien avant par rapport à ce qu'on sait maintenant, même si on est loin de comprendre ce qu'on risque de comprendre dans x années.
Parmi les « nouveautés », il y a la plasticité du cerveau. Non seulement il peut se regénérer mais de nouvelles connexions neuronales s'opérent sans cesse dans nos têtes. Ca veut dire que, contrairement à ce qu'on dit, on peut changer. On peut intégrer la novation et surtout on peut se désinscrire.
Ce qui entrainerait une plasticité de la pensée!
C'est étonnant cependant comme elle se voit peu, cette plasticité là, dans les couloirs du monde. Mais oui quand même.

Est-ce qu'il écrit régulièrement, me demande une cousine de ma mère qui n'ose pas me dire tu ?... Vous écrivez tous les jours ?... Est-ce que tu t'astreins à écrire à heure fixe ?
Oui, écrire est mon activité première. Je suis même en général dans une stratégie d’efficacité maximale à l'égard des occupations de la vie ordinaire, de sorte de réserver le plus de temps possible à l'écriture.
Mais je ne suis pas non plus un bucheron. Je ne peux pas comme certains travailler dès l'aube, sans arrêt, jusque vers l'heure du déjeuner de 13H. J'ai besoin de penser, j'ai besoin de rêver. Souvent je m’évade de mon lieu de travail pour aller avec mon notebook m'installer dans un café ou dans un jardin. Bien sûr je pense tout le temps que je ne travaille pas assez...
J'ai trop besoin de vivre aussi. C'est ma revendication : écrire et vivre !

Une langue nouvelle se développe qu'on peut entendre de plus en plus ici, là et là-bas, aux terrasses de café, dans les rues et sur les radio FM spécialisées. C'est une sorte de français mâtiné d'arabe ou bien d'arabe dialectal dans lequel s'insèrent des mots et des expressions françaises. On ne sait pas ce qui déclenche le mélange des deux langues. Certains mots surgissent parce que plus utilisés dans une langue, ou parce qu'ils n'existent pas dans l'autre ? Peut-être davantage de mots français se référant à la technologie ? Ce qui est surprenant si l'on pense qu'en français c'est l'anglais qui joue ce rôle.
On comprend qu'il y a un plaisir manifeste à choisir à un moment de passer au français ou au contraire de revenir à l'arabe dialectal, mais pas littéraire il semble. Oui ça a quelque chose à voir avec le franglais pratiqué par des français qui se servent couramment de l'anglais et qui donc, dans les conversations, usent d'un français mâtiné d’anglais.
On peut voir là un rapprochement des langues, inévitable, pas seulement dans le sens des mots mais aussi dans les formes syntaxiques.
On dira que c'est triste que les langues perdent de leur caractère ou que c'est triste que des langues disparaissent au profit de quelques langues majoritaires, voire d'une seul à terme?
Que les humains parlent donc la même langue, après on verra!

On peut désormais feuilleter sur Google Livres, Les voyageurs modèles, un roman que j'ai écrit avec vraiment beaucoup de passion au début des années 2000. Paru chez Comp'Act, éditions depuis disparues (hommage et grand salut à l’éditeur Henri Poncet), avec un accueil discret. A part une postface de Mathieu Bénézet, un entretien (Alain Veinstein) et une lecture (Garance Clavel, Jacques Taroni) sur France Culture, et une autre faite par moi-même à la librairie L'Arbre à lettres de Olivier Renault, à Paris 14e...
Bien sûr il y avait eu de très bonnes réactions, de quelques lecteurs, comme toujours. Et aussi des réactions parfois violentes, m'accusant de n'avoir rien dit dans ces 186 pages. Ce qui est peu vraisemblable, puisque j'y prenais le contrepied de tous les clichés de l'époque, avec comme question première: « aimez-vous votre époque? ». Question généralement évacuée sous l'évidence répandue selon quoi on ne pouvait pas l'aimer.
Il y avait eu aussi cette perle d'un éditeur selon qui il y avait trop de pensées dans ces Voyageurs modèles !
Le voici à redécouvrir, comme on le ferait sur les bancs des librairies, en lecture limitée à 20%, depuis n'importe quel point connecté de la planète.
Il en est de même pour La Suive et La fiction d'Emmedée

Voici ce: « On voit bien que l'époque n'est ni au perfectionnement de soi, ni à l'effort intellectuel soutenu » (Brice Couturier sur France Culture). Pour montrer comment peuvent être balancées des phrases dont on peut dire que celui qui les rapporte ne les pense pas au moment où il les dit. Pire, que lui et ses confrères qui se sont habitués à les dire et à les entendre y croient sans avoir à les penser.
À noter que ces deux assertions sont introduites par un « on voit bien » qui écarte toute contestation. Et pourtant !
Passons vite sur la première assertion. Pas de perfectionnement de soi ? Mais c'est toute la marque de notre époque. Jamais il n'y a eu un désir aussi répandu et partagé de se transformer, de se libérer, de s'analyser, de s’éduquer, de se cultiver, de connaître et partager les cultures. Jamais autant de gens n'ont fait la démarche de prendre des cours ou de reprendre des études etc …
La seconde est plus insidieuse. L'époque ne serait pas à l'effort intellectuel soutenu ? Dire cependant que dans les années 1930 il était courant (comme un ancien président) de passer la même année sa licence de lettres et sa licence de droit, ce qui serait bien impossible désormais. Si l'on considère la compétition existant du fait de l'arrivée massive d'étudiants, il faut aujourdhui pour réussir des concours en passer par un effort intellectuel soutenu comme jamais n'ont fait leurs ancêtres du XXe siècle. Par ailleurs, jamais il n'y a eu autant de thèses produites sur des sujets les plus divers et de plus en plus pointus qui nécessitent des efforts soutenus pendant des années pour en arriver en plus à des sommes qu'il faut ensuite réduire pour être publiées. Jamais il n'y a eu autant de chercheurs, de spécialistes, d'experts en tous sujets qui sont bien obligés d'en passer par l'effort intellectuel soutenu pour l'être et le rester...
Oui, mais il faut chercher ailleurs. Ce qui est visé c'est le fait que l'on peut obtenir une information rapidement sans avoir à chercher des jours dans une bibliothèque papier. Ce qui est mis en avant c'est l'accusation de touche à tout parce qu'on peut traiter plusieurs sujets en même temps à travers plusieurs fenêtres... C'est la concentration qu'on n'aurait plus parce qu'on peut en même temps écouter de la musique, taper sur son ordinateur, répondre à des mails, voire visualiser des images... C'est au fond une critique maso de l'accès facile à l'information, au savoir, aux connaissances, à la culture et à la communication...

La présentation de la version longue à Chaville de « On ne peut avoir écrit Lol V. Stein et désirer être encore à l'écrire » a été assez différente de la version donnée au Théâtre du Temps et à Trouville. D'abord parce qu'il y avait une demi-heure de textes en plus, ceux que j'avais écartés lors des lectures précédentes pour les limiter à une heure.
Ensuite en raison d'un dispositif adapté au lieu, pas de plateau du tout, un décor de chaises, les trois comédiens (dont "une MD" et "un JPC") évoluant entre et parmi et autour du public pour redonner ces entretiens.
Enfin, il y avait l'homme qui marche (Axel B.). Qui est-ce ? m'a t-on demandé. « Je pense que c'est moi, l'homme qui marche, enfin c'est l'auteur » dit MD.
Le test de Chaville a montré que les propos en particulier sur « L'Homme assis dans le couloir » apportent une dimension plus théâtrale et aboutissent à un acmé émotionnel dans le déroulement de ce qui devrait devenir un spectacle lu et interprété d’une durée de 90 à 100 minutes.

Enfin un intellectuel, Michel Serres, académicien français, qui affirme dans un texte de fond «Éduquer au XXIe siècle » (Institut de France) que nous sommes en train de vivre une des plus fortes ruptures de l'histoire. Et qui salue comme une bonne nouvelle le « nouvel humain (qui) est né, pendant un intervalle bref, celui qui nous sépare des années soixante-dix. »
Enfin une personnalité de l'establishment, philosophe libre, capable de dire que « les philosophes, dont je suis », ont failli à leur tâche, celle « d'anticiper le savoir et les pratiques à venir », pour faire face à cette mutation, par suite « d'une entreprise généralisée du soupçon et de la critique »
Ainsi fait-il partie de ces rares personnes (dont je suis) qui observent le monde de façon positive... Et non de ces grandes personnes qui décrivent le monde avec défiance, par petitesse ou par habitude, et qui en transmettent une image négative auprès des jeunes gens.
Eux qui peuvent dire la chance qu'ils ont d'être de cette génération à connaître les portables, les tablettes, la communication rapide etc.
Eux qui ne vivent pas assez l'étonnement de connaître -en tout cas en Europe- une espérance de vie de 80 ans, un accès facile au savoir, un monde sans guerre et sans famine, des mariages et des enfants désirés en général, un horizon d'univers passé de quelques milliers d'années à des milliards maintenant...
A quoi j'ajouterai, pour fêter le printemps, la perspective enthousiasmante de l'émergence d'un seul monde, une seule terre.

Le salon du livre est surtout celui des éditeurs. Pas des auteurs qui ne sont pas vraiment à la fête, à part quelques-uns qui signent à tour de mains.
D'abord parce que c'est pour le moins un lieu de mise en modestie des écrivains. En effet face aux 50000 titres exposés, tout écrivain qui va au Salon, Parc de Versailles, même s'il est fêté par son éditeur, est au moins réduit au 50000éme de ce qu'il croyait être: un être unique. Ensuite parce que les valeurs y sont inversés, c'est la loi du chiffre qui l'emporte sur le fond du livre!
C'est donc une fête de l'édition qui d'ailleurs a bien le droit de se fêter. Jamais autant de livres édités, jamais autant de livres vendus, jamais autant d'auteurs publiés, jamais autant de lecteurs, avec en plus une expansion continue d'année en année.
Même le numérique n'est pas un danger, la diffusion d'écrits sur le net provoquant un surcroit d'achat de livres. Sans compter qu'elle crée un nouveau public de lecteurs.
Ce n'est pas non plus le salon des libraires qui pour un temps sont sérieusement concurrencés par cette giga librairie, heureusement pour eux éphémère.
On peut se passer de la bousculade qu'il faut affronter le soir de l'inauguration, sans pour autant cesser d'être écrivain.

L'aventure de « On ne peut pas avoir écrit Lol V. Stein et désirer être encore à l'écrire... » (« Avoir écrit...» en plus vite) reprend avec une lecture test de la version intégrale à l'Atrium de Chaville (Hauts-de-Seine, près Paris), pour la 6ème journée Duras, ce samedi 26 Mars à 18 heures.
Lors des précédentes lectures, au Théâtre du Temps et à Trouville, J'avais choisi de proposer une version courte et avais en conséquence écarté deux blocs des Entretiens, notamment celui portant sur « L'Homme assis dans le couloir ».
La réintroduction de ces blocs semble modifier le spectacle et lui donner une dimension plus théâtrale.
Le 26 Mars à Chaville, en nous redonnant l'intégralité de ces dialogues, Aurélie Houguenade, Antoine Lesimple et Axel Bogousslavsky nous feront entendre « MD parlant à la radio »

Journée des femmes, plaisir de le redire chaque 8 mars, que la libération des femmes a été une libération pour moi, en tant qu'homme, accompagnant ma libération, de quoi? en tout cas du machisme...
Mon espoir: que les femmes libèrent le monde, en particulier des traditions barbares. Donc qu'elles poursuivent leur libération à l'égard des hommes machos, toujours majoritaires sur Terre.
Ma crainte: qu'une fois au pouvoir elles copient le modèle des hommes, je ne le crains pas trop.
Je redoute plus que certaines femmes adoptent le comportement des hommes, comme les hommes étaient, machos envers leur compagne, leur famille, leurs enfants...
Mon souhait: que les femmes ne se comportent jamais de façon machiste, et surtout pas avec les hommes qui ne le sont plus!

« Le cerveau des nouvelles générations ne fonctionne plus comme par le passé », dit l'universitaire Serge Tisseron dont la phrase a été reprise en titre dans la presse. On imagine les réactions simplistes de la bonne société résistante au numérique, y voyant là une catastrophe supplémentaire ou la preuve que la modernité mène à rien.
Il ajoute que c'est également vrai « de tous ceux qui sont gros consommateurs de nouvelles technologies ».
Moi je traduis cela par le mental rapide. Et pas le mental lent, comme on peut l'observer dans certains jeux de TV, avec un certain Foucault qui n'est ni le Charles ni l'homme du Pendule.
C'est un mental qui fonctionne sur plusieurs « fenêtres », avec une recherche immédiate de l'information et la possibilité d'intégration de différents sujets... Il est alors en effet inadapté au système d'éducation traditionnel. Encore que c'est un comble d'écrire cela, il faut plutôt  inverser l'affaire: il est clair que le système d'enseignement traditionnel est inadapté à ces nouvelles façons de fonctionner du cerveau.
Il faut oser dire que cette inadaption est une source de malaise chez bon nombre d'adolescents d'aujourdhui. Et sans doute chez de nombreux professeurs qui s'échinent en toute bonne foi à vouloir inculquer les anciennes façons.

Bien sûr, ça ne va pas vraiment dans la direction prise par les différents ministres des immigrations du monde, mais je suis un fan du droit du sol. Il y a en effet quelque chose d'éminemment sympathique et humain dans le droit du sol. Et aussi de simplement logique : On est du pays où l'on nait. Ce que l'on pourrait écrire: « on est du pays ou l'on est » Ou encore: « on nait du pays où l'on est ».
Il y a d'ailleurs des quantités de belles histoires qui viennent de ce droit du sol. Untel né(e) par hasard à tel endroit, ses parents y vivaient ou n'avaient pas eu le temps d'en partir. Ou même, sur fond de malheur, quand la famille s'est exilée, seule la mère a pu partir et le père non, ou le contraire, si ce n'est un enfant resté seul, déposé juste de l'autre côté de la frontière...
En ce moment le droit du sol n'a pas l'air d'aller dans le sens de l'histoire, mais l'on sait qu'on se trompe souvent sur le sens que prend l'histoire. Ce pourrait bien être une donnée à venir le droit du sol. Quand les populations de la mondialisation se seront un peu plus mélangées, et bien, pour s'y retrouver, on en reviendra peut-être au strict droit du sol...

Une tribue (sic) amazonienne isolée, filmée pour la première fois » (Le Monde.fr du 05.02..11 / 14h 46. Survolée par une équipe de la BBC, on peut imaginer la frayeur qu'a dû ressentir cette petite dizaine de personnes en entendant le bruit de l'avion puis en apercevant la machine volante passer au-dessus de leurs têtes.  Drôle, le commentaire cliché du journaliste de la BBC: ce sont les derniers hommes libres sur la terre. Comme si ce pouvait être une liberté d'être, sans savoir pourquoi, le sujet d'une image filmée depuis un avion d'humains en tout cas libres, eux, de survoler de vastes espaces sans poser pied à terre ni perdre leur connexions de communication!

Le plus drôle étant ce "e" ajouté à tribu, nom féminin. Non sans raison d'ailleurs car il serait en effet beaucoup plus logique d'accoler un e à tous les mots féminins comme cela se fait désormais pour les noms de métiers au féminin.

Et si c'était une sorte de printemps du monde?...
Un espoir, en réponse à ces bribes résonnant à nos oreilles: « Selon la croyance bouddhiste, les femmes sont impures, elle ne doivent pas parler aux moines »... « La condamnation de la lapidation est une insulte au Prophète »... La notion de « dangerosité sociale prédélictuelle » réapparue à Cuba, en fait toujours utilisée pour mater les opposants... Plus de 60 personnes pendues en Iran pour crime divers depuis le début de l'année, soit deux par jour...

Et si c'était une sorte de printemps du monde qui se déclenchait à la suite de la « révolution » tunisienne?... On se prend en effet à espérer que le mouvement se poursuive dans tous les pays arabes, mais aussi dans tous les pays fermés. La Corée du nord, la Birmanie et l'Iran, et Cuba. Et la Chine aussi. Mais encore le Belarus, on en oublie toujours de ces pays fermés... Il y en d'autres en Afrique...

Monique Canto-Sperber, directrice de l'ENS Paris, explique dans une tribune (Le Monde) pourquoi elle a annulé un meeting pro-palestinien dans son école. Bon, l'explication parait convaincante et sa décision compréhensible. Oui, mais en fin de démonstration, elle glisse la petite phrase symptomatique de la classe intellectuelle française en place:
« Pourquoi n'a-t-on pas mentionné le combat que mène l'ENS pour la défense des valeurs liées au savoir, à la recherche et à la qualité de la transmission, aujourd'hui bien malmenées? »
En quoi il y aurait à les défendre, ces valeurs? A continuer de les promouvoir, sans nul doute! Et pourquoi les voir "malmenées" alors qu'elles n'ont jamais autant été mises en avant?
Aucune autre époque n'a autant accru le savoir, développé la recherche, privilégié la transmission, ne serait-ce que par l'archivage généralisé et la facilité « inouïe »de consultation des textes du passé.
Ce qui est malmené c'est le savoir ancien par le savoir qui s'accroit. Comment en serait-il autrement d'ailleurs puisque certaines des connaissances les plus importantes de notre époque ne datent parfois que de dizaines d'années, et même de quelques années seulement

Cartonner, pour une grande exposition (genre Monet au Grand palais), ça veut dire que des gens font la queue pendant des heures, dans des conditions plutôt humiliantes. Les gens pensent que ça vaut la peine et les organisateurs en sont contents car leur succès se mesure à la longueur des queues et/ou à l'ampleur du temps d'attente.
Moi je voudrais bien que, comme les collections du Centre pompidou, toutes les expos soient mises en ligne, même si ce n'est pas pareil, en tout cas pour ceux qui n'ont pas envie de pratiquer ce sport-là, le queueing!

Pour Céline, l'écrivain! Pour cette langue écrite qu'il a inventée.
Bon, je n'aime pas toujours le bonhomme Céline, non seulement en raison de ses pamphlets antisémites, mais aussi parce qu'il disait des conneries en général dans ses entretiens, des conneries de beauf.
Cependant Je le défends contre l'avocat Serge Klarsfeld qui s'indigne qu'il fasse partie - à l'occasion du 50e anniversaire de sa mort - des personnalités incluses dans « le recueil 2011 des célébrations nationales ».
Je le défends d'autant qu'à ma connaissance il n'y a pas de discours antisémite dans ses grands romans.
Et puis, sans que cela justifie rien, personne ne sait plus aujourd'hui que la France globale des années 1930/50 était « légèrement » antisémite, y compris dans le langage de tous les jours.
Tout récemment, la science nous a confirmés/appris qu'il n'y avait qu'une seule race humaine. C'est une nouveauté qui aurait pu clouer le bec de Céline.
Présentement il nous faut faire attention à des interdictions ou condamnations qui comme telles pourraient nous entrainer tous vers l'abîme.
Ainsi tout récemment Stéphane Hessel a été invectivé dans certains milieus, de façon tout à fait inacceptable selon moi, en raison de ses prises de position sur le conflit israélo-palestinien ("Mon indignation à propos de la Palestine") figurant dans son livre « Indignez-vous! ».

Un idéal répandu est de se remettre à lire les classiques. Le philosophe Michel Foucault se sachant près de la mort relisait Sénèque, d'autres aspirent à la retraite pour avoir le temp* de lire les textes bibliques.
Yv-No reprend pour son stage les textes classiques, tous les grands textes qu'il aime. Et pas les textes contemporains, qui ne sont que rideau de fumée dit-il. Ce qui est possiblement vrai, ne serait-ce que parce qu'il faudrait traverser ce rideau de fumée pour y apercevoir quelques textes réellement contemporains...
Hélas cependant, reprendre les textes classiques est sans doute la meilleure façon de ne rien comprendre au temp présent, en ce que par définition il n'est pas présent dans ces textes et ne pouvait l'être.
Or, exceptionnellement, dans l'histoire jusqu'alors des humains, des transformations majeures sont intervenues, pour la première fois on a découvert la matière dont nous sommes, quitté la terre, des engins sont sortis du système solaire... et par exemple le mental rapide d'aujourdhui n'est pas dans ce passé...
Bien sûr on peut lire les textes classiques pour le plaisir ou pour la connaissance du passé. Mais si l'on tient à comprendre notre temp, alors il faudrait les lire en cherchant le temp contemporain par défaut, en en cherchant l'absence. Et non en se félicitant de son absence...
(*Pas de s à temp ici, parce qu'il faudrait le garder pour le pluriel, id pour le corp)

On s'est rapproché des faits divers au point de croire assister à leur multiplication. Pourtant non, en tout cas les meurtres ont tendance à diminuer, c'est une tendance de fond en France depuis plus d'un siècle. Ils ont en effet légèrement diminué en nombre par rapport au début du XXe siècle, malgré un doublement et plus de la population.
Mais la connaissance immédiate et complète des faits divers entraine à en être rapproché à travers des réactions d'indignation, de compassion ou d'affliction. On est désolé de la mort de telle ou tel à l'autre bout de la terre, on enrage de la violence de barbares sans conscience ou de régimes débiles, on est affligé par des vies qui sont brisées.
Du coup ces faits divers nous apparaissent de plus en plus comme provoqués par des sortes de bugs de scenario...

Il faut s'indigner, dit Stéphane Hessel. C'est certainement bien et utile d'avoir cette capacité-là. Mais on peut aussi s'indigner de tout et de n'importe quoi, à tort et à travers.
Par exemple, Il y a des adultes qui s'indignent du comportement des jeunes gens. Sur Facebook, beaucoup s'indignent régulièrement à propos d'informations qui se révèlent être fausses.
Et puis on peut s'indigner que des humains dorment de nos jours dans la rue et que cette indignation, largement partagée, ne donne pas grand chose. Pareil si on s'indigne du fait que des femmes sont pendues en Iran etc.
Il peut y avoir aussi des indignations contradictoires, ainsi des gens s'indignent que la burqua soit portée et d'autres qu'elle soit interdite etc.
Il faut résister, résister dit Unetelle, mais il y a des gens qui résistent contre ce que vous croyez, vous, être positif. Ainsi certains font de la résistance contre Wikipédia quand d'autres y voient la continuation de l'entreprise de Diderot.
Voyez tous ces gens de l'histoire qui ont résisté aux innovations avant de s'y mettre malgré tout.
Qui était en résistance? Galilée et Pasteur etc. Ou ceux qui s'opposaient à eux?
Du coup ce peut-être imbécile de résister pour résister
En fait oui, il faut s'indigner, mais ça ne suffit pas. Ainsi on peut s'indigner que soient remis en cause les acquis de 1945, notamment sur la sécurité sociale. Mais il faudrait certainement aussi en venir à la libération de la santé, à mettre en avant ce qui conduit à la maladie, de sorte que chacun prenne en charge sa santé, autant que possible, comme cela est en train d'apparaitre via internet...
Il n'empêche qu'il faut savoir résister. A l'occupant, au dictateur, au harceleur, sans doute. A l'inertie, à l'injustice, à la bêtise... Sachant le risque de se tromper, et même de s'entêter!

A une autre époque, fin 19e / début 20e -ou même à toutes autres époques-  les fuites de WikiLeaks auraient provoqué un ou plusieurs conflits armés...




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